L’impact des attentats de Novembre 2015 sur la Protection Rapprochée

Vendredi 13. Après l’attentat, il y a eu le choc et l’horreur. Puis est venue l’heure des constats et des remises en question nécessaires sur l’état de notre sécurité, nationale et personnelle. Et la réflexion touche bien entendu particulièrement les acteurs de la Sécurité privée. Celle-ci est plus que jamais mise sur le devant de la scène. Les Agents de Sécurité en poste au Stade de France et au Bataclan ont prouvé encore une fois, s’il le fallait, que faire correctement son travail et avoir ainsi sauvé plusieurs dizaines de vies n’étaient pas l’apanage des seules forces armées publiques.

Les récents attentats à Paris et l’état d’alerte bruxellois changent-ils la donne pour la Protection Rapprochée ? Moins radicalement probablement que pour d’autres branches de la Sécurité. Les Agents de Sécurité sont en première ligne des questions posées sur le rôle des acteurs privés dans la Sécurité nationale. Mais les Agents de Protection Rapprochée sont eux aussi impactés par la nouvelle donne.

La menace terroriste n’est pas chose nouvelle pour les Agents de Protection Rapprochée.

Dans notre école APR DE FRANCE, elle fait d’ailleurs l’objet depuis 2013 d’un module spécifique de la formation initiale que nous délivrons aux candidats du métier, à l’instar du module « Sensibilisation et Prévention du Risque Terroriste » qu’a demandé le Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS) jeudi dernier pour les Agents Privés de Sécurité (APS)  (http://www.cnaps-securite.fr/communique-de-presse-du-college-du-cnaps).

Le terrorisme n’est pas vraiment un facteur nouveau pour notre métier. C’est le ressenti de cette menace terroriste qui en revanche va changer. D’abord dans l’esprit des agents, créatures volontairement et froidement paranoïaques par profession. Ils sont probablement plus affectées émotionnellement, comme tout un chacun en France, du fait de cette tragédie. Peu de nos VIP sont des cibles directes et ad hominem du terrorisme. Ceux qui font l’objet de menaces explicites sont généralement protégés directement par les forces des pouvoirs publics.

Cela changera-t-il ?

Mais – et c’est bien là la très grande difficulté pour faire face à ce type de menace – nos Principals sont potentiellement visés, comme vous, comme moi, comme nous tous. Et nos clients eux-mêmes, affectés avec nous par la tragédie de Paris, ne le savent désormais que trop bien. Seront-ils plus impliqués dans les mesures prises pour leur propre protection ? Intègreront-ils d’eux-mêmes des réflexes de contre-terrorisme (contre-mesures sur le risque ou la menace, analyse prédictive de l’environnement, formation au secourisme…) ? Seront-ils plus compréhensifs des impératifs de sûreté qui nous obligent  à restreindre parfois leur liberté d’action ? Seront-ils prêts à accepter que nous puissions avoir plus de temps pour le travail en amont de la mission ? Exigeront-ils du personnel correctement formé ?…

Mais surtout : exigeront-ils plus de moyens pour leur protection ?  Et par moyen, on pense bien sûr et avant tout au port d’arme. Nous avions évoqué dans un autre post (« Un garde du corps doit-il posséder une arme ? ») le débat qui agite la Protection Rapprochée. Il divise tout le secteur de la Sécurité, et désormais avec plus de force encore. A la suite des attentats parisiens, le CNAPS a d’ailleurs recommandé la création d’un métier d’Agent de Surveillance Renforcée (ASR). En somme, il s’agit d’un APS armé pour les espaces statiques particulièrement exposés. Impossible en effet de ne pas se demander ce qu’il se serait passé si les Agents de Sécurité du Bataclan – que nous saluons ici encore une fois – avaient été armés. Impossible en même temps d’oublier que les officiers de protection de Charlie Hebdo l’étaient…

Le port d’arme, une réponse ?…

Il est dans tous les cas probable que le port d’arme, s’il ne sera pas généralisé « à l’américaine », sera cependant plus facilement accordé dans nos missions. A  l’heure où l’on exige de la Sécurité privée de pallier au sous-effectif de la force publique, il est en effet logique d’offrir à ces « renforts » des moyens d’action plus proches de ceux de la puissance publique. Et c’est justement dans ces liens plus étroits entre le public et le privé que pourraient se trouver les aspects les plus positifs des évolutions actuelles de notre profession.

Les réseaux qui relient les acteurs privés avec la force publique restent encore trop rares, trop restreints à quelques canaux discrets, trop dépendants de quelques amitiés. Il est temps que la force publique, loin de défendre son pré carré régalien comme elle le fait parfois encore, accueille les acteurs  privés comme de véritables alliés et les intègre pleinement dans leur action. La Protection Rapprochée, particulièrement friande du Renseignement qui lui permettra d’anticiper la menace et de prévenir l’attaque, a tout bénéfice à cette synergie public/privé. A l’heure où les réseaux sociaux honorent, pêle-mêle et sans plus faire de différence, les héros quels qu’ils soient, Agents de Sécurité comme policiers, hommes comme chiens, il est peut-être enfin temps que l’on sache reconnaître ce que chacun a à apporter comme pierre à l’édifice commun de notre sécurité à tous.

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— Publié par EEPR, le 25 Novembre 2015

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2018-10-07T13:57:42+00:00novembre 25th, 2015|Articles|0 Comments

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