Drones et robotique : ce qu’ils vont changer pour la Protection Rapprochée

Depuis les mini-drones au pied des sapins de Noël, jusqu’aux «Roombas» qui aspirent nos maisons, ils sont partout. Les drones et les robots ont quitté le champ du militaire et des usines high-tech, et envahissent désormais l’espace du quotidien. Cette révolution, à l’instar d’Internet, change la donne pour tout un chacun, mais a également des conséquences pour ceux dont le métier est de protéger. Quelques pistes de réflexion sur l’avenir de la Protection Rapprochée à l’aune de cette nouvelle ère technologique…

Dans la protection des résidences, la vidéo-surveillance sera automatiquement couplée à des dispositifs anti-drones.

Les militaires ont abandonné il y a déjà longtemps l’idée de faire parade avec un tireur, serait-ce même un tireur de position. Leurs résultats restent trop aléatoires face à l’agilité toujours plus impressionnante et la taille toujours plus minuscule des drones. Filets anti-drones, brouilleurs, « drone-haters », voire même rapaces dressés à les capturer… Les parades sont en train d’être affinées et devraient devenir plus courantes dans notre travail de Protection Rapprochée, notamment pour la sûreté des résidences ou tout autre dispositif de protection statique.

Les agences de Protection Rapprochée recruteront des pilotes de drones.

Ou bien les agents eux-mêmes développeront cette compétence en spécialisation. La supervision aérienne d’un dispositif de protection deviendra courante, notamment en amont, pour les équipes avancées reconnaissant le terrain. Les spécialités anti-drones se multiplieront. Les écoles de formation et de spécialité fleuriront partout, avec des qualités variables, avant que le législateur ne les régule.

Les geeks prendront le pouvoir dans la Protection Rapprochée.

Si le piratage des drones et des robots devient plus fréquent et si les parades les meilleures s’avèrent être par contre-piratage, ce sont des informaticiens qui relaieront les hommes de terrain pour protéger le Principal d’une charge explosive tombée d’un drone ou de l’attaque d’un robot majordome. Les générations nées avec des manettes de Playstation dans les mains et ayant codé avant d’avoir lu leur premier vrai livre seront favorisées. Un fossé générationnel violent se creusera comme à la fin des années 90 avec Internet. Les plus seniors des agents de Protection Rapprochée, dépassés, auront toujours plus de difficultés à trouver du travail.

Les assauts hostiles seront toujours plus dématérialisés

Voitures bélier sans conducteur, attaques par charge explosive depuis un drone… C’est ce qu’on appelle le « war porn », faire la guerre par écran interposé. Pas de contact réel avec sa cible, ni «l’odeur de la poudre et le goût du sang». A l’instar du terrorisme par kamikaze, la létalité sera démultipliée et le travail de protection particulièrement difficile. En effet, l’Hostile n’aura plus besoin de protéger sa propre intégrité physique. Cela dit, ce mouvement sera compensé de l’autre côté car les robots de téléprésence permettront au Principal lui-même d’éviter toujours plus les déplacements physiques. L’Hostile aura toujours plus de mal à trouver la localisation physique de sa cible.

Déconcertant, parfois terrifiant, cet avenir-là est cependant probablement plus proche qu’on ne le croit. Aussi farfelues certaines hypothèses peuvent-elles sembler, n’oublions pas qu’au début des années 90, peu de personnes auraient pu ne serait-ce que concevoir l’idée d’un Facebook et autres réseaux sociaux, qui ont révolutionné nos vies, nos modes de sociabilité, nos choix politiques et idéologiques, notre manière de consommer. Tout cela a eu également des répercussions immenses dans les guerres et les questions de sécurité…

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– Publié par EEPR (Yannick CAYET), le 07 avril 2016

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2018-10-06T23:58:04+00:00avril 7th, 2016|Articles|0 Comments

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